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Jean-Marie Zacchi

 

 

La sereine lumière des émotions

 

Après une nouvelle et récente période d’exposition au Japon, où son œuvre est appréciée et glorifiée de longue date par les amateurs japonais, le peintre Jean-Marie Zacchi ouvre un nouveau chemin de lumière en la galerie du Marais de la place des Vosges à Paris, tenue par l’incontournable Paule-France Luciani. Cet espace consacré dont les cimaises s’enorgueillissent d’accueillir les plus grandes signatures, deviendra pour un temps l’alcôve idéale où sera révélée une série de toiles éloquentes dont l’empreinte et le chatoiement sauront ravir les fidèles et collectionneurs du maître.

 

Dans une synthèse entre figuration et abstraction où la pureté des formes et des couleurs sont une lointaine, mais non moins présente référence à Nicolas de Staël, Zacchi instruit un constructivisme singulier où l’épure devient le gage de fixer et sublimer la ligne essentielle messagère d’émotion.

 

Ambiance.L’atmosphère silencieuse des œuvres de Zacchi porte à la réflexion, car l’intemporelle conception picturale adoptée met en scène la quiétude des couloirs du temps où les existences passent et se croisent au pied des arbres ou des murs séculaires.

L’arbre, symbole de vie. Dès ses premières représentations des quais parisiens, force est de constater que les rituelles lignes verticales des trois arbres existent déjà et perdurent à ce jour en une trinité vouée à étendre la causerie de l’artiste au-delà du cadre. Intarissable sur les déclinaisons picturales de ses fûts d’arbres en cadrage rapproché, il impose la récurrence de cette option que, d’ores et déjà, le monde asiatique plébiscite telle une référence à leur philosophie où ces lignes traversières sont la liaison organique et vitale entre le ciel et la terre. L’intuition de Zacchi était juste et a troublé positivement les dépositaires des valeurs ancestrales asiates.

Bouquet pour toi. Son geste magistral récidive dans les compositions florales où la sobre et linéaire architecture de l’ensemble borde l’exsudation des transparences des couleurs afin d’élever le sujet principal à une fonction d’offrande. Pareillement, dans la récurrence des expériences, il peut extraire d’un couteau rageur soit une vague rouge d’une fleur de pardon ou bien un bouquet diaphane posé sur l’éther tel un fantôme. Par un noir banni, mais cerné d’étendue de Prusse sombre, la composition devient une juxtaposition de miroirs flamboyants qui instaure une alliance de paix et de confiance. Indéniablement humain, il invente les accords de lumière afin que de cette alchimie naisse la symbiose d’un instant d’éternité. Mieux, il nous immerge dans une suspension du temps qui permet la contemplation d’un message d’amour en harmonie avec notre cœur. Une méditation ouverte où l’œil capte la sereine ambiance émanant de la composition et venant étancher nos sens en soif d’apaisement.

Village corse. Réminiscence de son enfance ou de villégiatures passées, nous retrouvons avec délectation cette coutumière façon dans l’agencement des ruelles des villages corses où la perspective est oubliée au profit d’une construction enchevêtrée. Zacchi possède la mémoire des endroits et c’est d’un geste affirmé qu’il étale son témoignage en couleurs claires et réfléchissantes pour napper les grandes plages de silence des murs oubliés et des ruelles désertées. Peindre l’arche ombrée protectrice des pensées du lieu, peindre l’escalier s’évanouissant dans les limbes des souvenirs, peindre l’ascension de la pierre taillée pour mieux atteindre tous les sommets. La blancheur immaculée des murs, ou si peu léchés de rose, devient une pause pour nos sens souvent en effervescence. Peindre un moment d’aurore déjà évanescent qui enfante une nouvelle journée à peine effleurée d’un rideau de soleil ou d’une onde humaine.

Atelier. Dans l’intimité de l’atelier de Zacchi, sa longue carrière d’artiste s’apprécie en de nombreuses affiches disputant la place aux multiples symboles des prix reçus et jouxtant les palettes et derniers travaux. Mais il n’en garde pas moins un regard émerveillé sur toute chose. Son imagination sans retenue saura discerner soit un taureau, soit un personnage dans les circonvolutions encrées d’une calligraphie apprise auprès des maîtres du genre.

 

L’artiste a suivi un parcours édifiant dans le respect des jalons obligatoires et utiles à une résonance internationale. Sa valeur et sa façon unique intègrent à ce jour le patrimoine national si ce n’est du Soleil levant. Par ses incessantes pérégrinations entre salons et galeries, l’artiste a étoffé un parcours nimbé d’étoiles qui, cette fois, le ramène du Japon vers la galerie parisienne du Marais de la place des Vosges. Nonobstant, malgré son accomplissement, Zacchi fait sienne cette phrase de Katsushika Hokusai qui se révèle être une règle de vie et un horizon admis : « Quand j’aurai cent dix ans, je tracerai une ligne et ce sera la vie » (extrait).

                                                                                                                                                 Régis Broustet.

                                                                                                                                                   Univers des Arts


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